Coronavirus : Le Covid-19 symbolise l’impact de l’Homme sur la biodiversité

Peu importe s’il provient d’un Pangolin ou d’une chauve-souris, le coronavirus qui a mis le monde à l’arrêt et dont le bilan mondial de victimes ne cesse de grimper est issu du monde animal. Autre certitude, c’est bien l’activité humaine qui a favorisé sa transmission à l’Homme, et cela pourrait se reproduire si nous ne changeons rien.

En plus du réchauffement climatique, c’est bien l’émergence de régulières pandémies mondiales qui inquiètent les spécialistes du monde entier.

En cause : la déforestation pour faire place à l’agriculture, à l’élevage intensif, l’urbanisation et la fragmentation des milieux naturels, qui modifient l’équilibre entre les espèces.

Le Covid-19, conséquences de l’activité humaine ?

Selon le Programme des Nations Unies Pour l’Environnement (PNUE), 60 % des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale, en partie pour cette simple et évidente raison : « l’émergence de maladies zoonotiques est souvent associée aux changements environnementaux, (…) résultat d’activités humaines, de la modification de l’usage des sols », notait le PNUE dans un rapport de 2016.

De son coté, Gwenaël Vourc’h, directrice adjointe de l’unité d’épidémiologie vétérinaire de l’Inrae, institut de recherche public français, explique à Ouest France :

« Vu la croissance de la population humaine et son utilisation toujours plus intense des ressources planétaires, la destruction d’écosystèmes de plus en plus nombreux multiplie les contacts entre espèces »

Gwenaël Vourc’h, INRAE

Une étude de chercheurs américains publiée le 8 avril 2020, identifie rongeurs, primates et chauve-souris comme hôtes de la majorité des virus transmis à l’Homme (75,8 %). Mais les animaux domestiques sont également porteurs de 50 % des zoonoses identifiées, ce qui confirme notre exposition à ce que ce type de phénomènes se reproduisent à l’avenir.

Coronavirus : cela devait-il arriver ?

Selon certains spécialistes de la faune sauvage, l’hécatombe provoquée par le Coronavirus n’est pas une totale surprise. Si l’apparition du Covid-19 était difficile à prévoir, un phénomène de cette ampleur était inéluctable en raison du traitement de la nature par l’Homme : « Il était prédit que ceci allait arriver, et ça va se reproduire jusqu’à ce que nous en apprenions les leçons », prévient la primatologue britannique Jane Goodall, interrogée par Ouest France.

Notre mépris de la nature (et notre manque de respect pour les animaux avec lesquels nous devrions partager la planète) nous rappelle en effet cruellement à l’ordre en ces temps de confinement collectif.